Georges Roux
Artiste peintre & sculpteur Nazairien
Georges Roux : De la peinture à la terre
Les racines et la peinture
Né le 19 juin 1949 à Bordeaux Caudéran, dans la première moitié du XXe siècle, Georges Roux manifeste très tôt un besoin d’expression par le dessin et la peinture. Bien qu’il affiche une prédilection pour l’huile, sa curiosité le pousse à explorer diverses techniques telles que le pastel sec, l’aquarelle, la sanguine et la lithographie.
Sa formation artistique débute dans les années 70 auprès de Monsieur Émile Gautier à l’École Municipale de Dessin. Elle se poursuit bien plus tard, de 1992 à 2005, avec les cours d’Alain Gombaud à l’École d’arts plastiques Camille Claudel de Saint-Nazaire.
Grand observateur, il rapporte de ses pérégrinations de nombreux carnets de voyages : du Maroc à Prague, en passant par le Canada et Vienne, jusqu’à son dernier ouvrage consacré aux paysages reliant Pénestin à Saint-Brévin.
L’inspiration : entre Océan et Japon
Installé à Saint-Nazaire, Georges Roux vit adossé à l’immensité parfois tapageuse de l’Océan Atlantique. Pourtant, il se définit davantage comme un homme de la douceur des rivages. Il est fasciné par la présence permanente mais discrète de l’eau et les mouvements impulsés par le vent.
Cette sensibilité le porte vers des lieux dépouillés et sobres, faisant écho à son attrait profond pour la civilisation et les arts japonais, où les techniques picturales entrent en résonance avec les rythmes respiratoires. Son travail a été régulièrement salué dans les salons régionaux (La Baule, Carquefou, Cholet, Les Sorinières, etc.) où il a obtenu de nombreux prix.
La Sculpture : le mouvement et la terre
Récemment, la pratique du Kendo et du Iaido a conduit l’artiste naturellement vers la sculpture. Il cherche à y capturer la beauté des attitudes de ces arts martiaux et la technique des samouraïs s’exerçant sans risque au sabre.
Outre les figures de kendokas, iaidokas et sumos, son bestiaire s’est enrichi d’une grande variété d’animaux : orangs-outans, porcs basques, éléphants, ours polaires, souris, chats, rhinocéros, hippopotames, etc.
Pour ces créations, le plaisir tactile de la terre s’imposait, notamment à travers deux techniques : le Raku (d’origine japonaise) et la cuisson en fosse.
L’approche technique et le processus de création
Georges Roux accorde une importance capitale au choix du mode de cuisson dès la conception de l’œuvre. Il détaille ainsi son processus :
« Lorsque j’ai choisi mon sujet à sculpter, je décide avant toute chose quel mode de cuisson se prêtera le mieux à la pièce : soit le raku, avec émaillage et enfumage, soit la cuisson en fosse, qui fait partie des cuissons primitives. »
Le Raku : Pour cette technique, l’artiste ne polit pas les zones destinées à être émaillées. C’est l’enfumage, réalisé aussitôt après la deuxième cuisson (celle de l’émail), qui fait ressortir les craquelures caractéristiques et donne des teintes allant du gris au noir profond sur les zones réservées.
La cuisson en fosse (en bidon) : Ici, la pièce est entièrement polie au galet sur la terre « aspect cuir ». Après la cuisson du biscuit, Georges Roux prépare la pièce avec des oxydes, des algues, de la paille, et l’emmaillote dans des chiffons saturés de sel.
Le feu : Pour la seconde cuisson, le fond du bidon est tapissé de 10 cm de sciure et copeaux. Les pièces y sont déposées et recouvertes de bois bien sec (en évitant les résineux).
Le résultat : Une fois le feu réduit à l’état de belles braises (sans flammes), le bidon est fermé hermétiquement pour 24 heures. Ce processus crée des effets surprenants. La finition se fait à la cire incolore pour obtenir un bel aspect brillant.
Toutes les pièces accessoires (sabres, fourreaux, shinaï) sont réalisées à la main en utilisant du bambou, du cuir (pour les shinaï), ainsi que du laiton et du cuivre (pour les katanas et fourreaux).
Actualités et Reconnaissance
Depuis 2014, le Comité Régional de Kendo de Bretagne Réunie remet en jeu chaque année un trophée unique réalisé par l’artiste — un Kendoka en Raku — pour l’équipe vainqueur (remporté par Quiberon en 2014 et Rennes en 2015).